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	<title>Evguéni Zamiatine:Nous Autres - Historique des versions</title>
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	<subtitle>Historique des versions pour cette page sur le wiki</subtitle>
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		<id>https://www.catallaxia.org/index.php?title=Evgu%C3%A9ni_Zamiatine:Nous_Autres&amp;diff=3047&amp;oldid=prev</id>
		<title>Copeau le 26 février 2008 à 09:59</title>
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		<updated>2008-02-26T09:59:21Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;b&gt;Nouvelle page&lt;/b&gt;&lt;/p&gt;&lt;div&gt;{{Infobox Evguéni Zamiatine}}&lt;br /&gt;
{{titre2|&amp;#039;&amp;#039;Nous Autres&amp;#039;&amp;#039;|[[Evguéni Zamiatine]]|}}&lt;br /&gt;
&amp;lt;div class=&amp;quot;text&amp;quot;&amp;gt;&lt;br /&gt;
En 1920, Zamiatine (1884-1937) débute la rédaction de Nous autres, une anti-utopie qui tire son sens des débats qui entourent la naissance d&amp;#039;une conception technocratique de l&amp;#039;organisation socialiste de la production et d&amp;#039;une théorie mécaniste des transformations idéologiques et culturelles. Bouclé à la fin de l&amp;#039;année 1921, le manuscrit est aussitôt mis à l&amp;#039;index. Si bien que la première édition, en 1924, sera une traduction en langue anglaise. Une édition tchèque paraît à Prague en 1927 à l&amp;#039;initiative du linguiste Roman Jakobson. Une édition française sort à Paris en 1929. La publication intégrale de l&amp;#039;ouvrage dans sa langue d&amp;#039;origine ne paraîtra qu&amp;#039;en 1952 et à New York, et il faut attendre 1988 pour qu&amp;#039;elle soit éditée en territoire russe. Quant à l&amp;#039;auteur, il mourra en exil à Paris.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans L&amp;#039;Etoile rouge, Bogdanov, en plus d&amp;#039;imaginer l&amp;#039;automatisation du travail, inventait des ordinateurs et des fusées propulsées grâce à la fusion atomique. Zamiatine, lui, fait débuter son roman de la sorte : &amp;quot;La construction de l&amp;#039;Intégral sera achevée dans 120 jours. Une grande date historique est proche : celle où le premier Intégral prendra son vol dans les espaces infinis. Il y a mille ans que nos héroïques ancêtres ont réduit toute la sphère terrestre au pouvoir de l&amp;#039;Etat unique, un exploit plus glorieux encore nous attend : l&amp;#039;intégration des immensités de l&amp;#039;univers par l&amp;#039;Intégral, formidable appareil électrique en verre et crachant le feu. Il nous appartient de soumettre au joug bienfaisant de la raison tous les êtres inconnus, habitants d&amp;#039;autres planètes, qui se trouvent peut-être encore à l&amp;#039;état sauvage de la liberté. S&amp;#039;ils ne comprennent pas que nous leur apportons le bonheur mathématique exact, notre devoir est de les forcer à être heureux. Mais avant toute arme, nous emploierons celle du Verbe... Vive l&amp;#039;Etat unique ! Vive les numéros ! Vive le Bienfaiteur !&amp;quot;. Ainsi parle D-503, le constructeur de l&amp;#039;Intégral. Cet homme du quatrième millénaire est l&amp;#039;habitant type d&amp;#039;une société planétaire urbaine, vidée des campagnes et des paysans, qui impose le devoir d&amp;#039;Harmonie entre tous les individus-numéros sous la direction du Bienfaiteur, numéro entre les numéros, après avoir décrété que le seul moyen de délivrer l&amp;#039;homme du crime, c&amp;#039;est de le &amp;quot;délivrer de la liberté&amp;quot;. Le &amp;quot;Mien&amp;quot; est impossible. Seul le &amp;quot;Nous&amp;quot; a droit de cité. Fondus en un seul corps aux millions de mains, tous s&amp;#039;orientent selon les &amp;quot;Tables des Heures&amp;quot;. Tous se lèvent et s&amp;#039;abandonnent au sommeil comme un seul numéro, tous portent la cuiller à la bouche et mastiquent la &amp;quot;nourriture naphtée&amp;quot; en même temps, tous se rendent au même instant à la &amp;quot;salle d&amp;#039;exercice de Taylor&amp;quot;, et ainsi de suite. Le plus grand des &amp;quot;monuments littéraires&amp;quot; parvenus jusqu&amp;#039;à cette société qui vénère la ligne droite et la &amp;quot;beauté du mécanisme&amp;quot; est l&amp;#039;&amp;quot;Indicateur des Chemins de fer&amp;quot;. L&amp;#039;autre étant la Bible de Frederick Winslow Taylor, l&amp;#039;inventeur du management scientifique, le &amp;quot;prophète qui a su regarder dix siècles en avant&amp;quot; mais que l&amp;#039;on se targue d&amp;#039;avoir dépassé en étendant son système à tout le fuseau horaire. Ou du moins presque, car de 16 heures à 17 heures et de 20 heures à 21 heures, l&amp;#039;organisme unique se divise encore en cellules uniques. Mais l&amp;#039;on ne désespère pas de faire entrer les 86 400 secondes dans les &amp;quot;Tables des Heures&amp;quot;. En chacun de &amp;quot;Nous autres&amp;quot;, il y a un métronome invisible. Chacun porte en soi un automate et un phonographe. Les haut-parleurs de l&amp;#039;Usine musicale tournent toujours le même Hymne quotidien à l&amp;#039;Etat, comme les anciennes Walkyries. La ville a vaincu et l&amp;#039;on pousse les habitants des villages vers elle pour les &amp;quot;sauver de force&amp;quot; et leur &amp;quot;apprendre le bonheur&amp;quot;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Seuls les &amp;quot;Méphi&amp;quot; (abréviation de Méphisto) résistent. Hors les Murs d&amp;#039;onde à haute tension qui protègent le monde des artefacts, ils vivent nus, au contact des arbres, des animaux et du soleil. Entre les deux forces qui mènent le monde, l&amp;#039;entropie et l&amp;#039;énergie, ce mouvement révolutionnaire underground a parié sur la dernière parce qu&amp;#039;elle détruit l&amp;#039;heureuse tranquillité de l&amp;#039;équilibre et tend au &amp;quot;douloureux mouvement perpétuel&amp;quot;. Ce sont les &amp;quot;antichrétiens&amp;quot;, ceux qui refusent de révérer l&amp;#039;entropie comme un dieu, comme le faisaient les ancêtre de &amp;quot;Nous&amp;quot;, les chrétiens. A la tête de ces opposants : une femme libérée, I-330, qui boit, fume et réhausse sa beauté grâce à des parfums que l&amp;#039;on ne peut obtenir qu&amp;#039;à la sauvette, tous comportements inconnus des ressortissants en uniforme de l&amp;#039;Etat unique. Soumise aux pires tortures par le Bienfaiteur, elle ne parle pas. Au philosophe-mathématicien qui célèbre l&amp;#039;Etat unique comme la &amp;quot;dernière révolution&amp;quot;, comme la fin de l&amp;#039;histoire, elle répond que, comme le nombre des chiffres est infini, il ne peut y en avoir un dernier, et donc il n&amp;#039;y a pas de dernière révolution. &amp;quot;La dernière, c&amp;#039;est pour les enfants : l&amp;#039;infini les effraie et il faut qu&amp;#039;il dorment tranquillement la nuit...&amp;quot; L&amp;#039;erreur des aïeux, artisans de la révolution après une &amp;quot;Guerre de deux cents ans&amp;quot;, est de croire; parce qu&amp;#039;ils vivaient dans l&amp;#039;univers &amp;quot;également répandu partout&amp;quot;, qu&amp;#039;ils étaient le &amp;quot;dernier&amp;quot; chiffre, qu&amp;#039;il n&amp;#039;y avait &amp;quot;plus d&amp;#039;après&amp;quot; ; &amp;quot;Ah, Ah ! &amp;quot;également répandu partout&amp;quot;, la voilà bien, l&amp;#039;entropie, l&amp;#039;entropie psychologique. Tu ne sais pas; mathématicien, qu&amp;#039;il n&amp;#039;y a de vie que dans les différences : différence de température, différence de potentiel. Et si la même chaleur ou le même froid règne partout dans l&amp;#039;univers, il faut les secouer pour que naissent le feu, l&amp;#039;explosion, la géhenne. Nous les secouerons&amp;quot;. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour se défaire de la véritable maladie, celle de l&amp;#039;&amp;quot;imagination&amp;quot;, les &amp;quot;ennemis du bonheur&amp;quot; doivent subir la &amp;quot;Grande opération&amp;quot; qui rend parfait comme des machines et ouvre le chemin du bonheur à cent pour cent. Ainsi lobotomisé, le cerveau est un mécanisme réglé comme un chronomètre, brillant, sans une poussière. La &amp;quot;noblesse de sentiments&amp;quot; n&amp;#039;est qu&amp;#039;un préjugé, une survivance des époques féodales. &amp;quot;L&amp;#039;Homo sapiens ne devient homme, au sens plein du mot, que lorsqu&amp;#039;il n&amp;#039;y a plus de points d&amp;#039;interrogation dans sa grammaire, mais uniquement des points d&amp;#039;exclamation, des virgules et des points.&amp;quot; Chaque étincelle d&amp;#039;une dynamo est une étincelle de la raison pure, chaque mouvement de piston un syllogisme irréprochable. Le mécanisme n&amp;#039;a pas d&amp;#039;imagination. Dans le paradis promis, les saints ne connaissent ni le désir, ni la pitié, ni l&amp;#039;amour. Car on leur a enlevé l&amp;#039;imagination. Les anges sont les esclaves de Dieu.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le 17 août 1934, Jdanov lançait le mot d&amp;#039;ordre du &amp;quot;réalisme socialiste&amp;quot; en reprenant l&amp;#039;expression de Staline pour définir le rôle des écrivains : les &amp;quot;ingénieurs d&amp;#039;âmes&amp;quot;. &amp;quot;Etre ingénieur d&amp;#039;âmes, assenait-il aux participants du premier congrès des écrivains soviétiques, veut dire avoir les pieds fermement appuyés sur le sol de la vie réelle. Cela signifie à la fois rompre avec le romantisme à l&amp;#039;ancienne, avec ce romantisme qui présentait une vie inexistante et des personnages inexistants, qui portait le lecteur à se soustraire aux contradictions de l&amp;#039;existence, en le lançant dans un monde chimérique d&amp;#039;utopie... La littérature soviétique doit savoir représenter nos héros, doit savoir regarder vers nos lendemains. Ceci n&amp;#039;est pas se livrer à l&amp;#039;utopie, puisque nos lendemains se préparent dès aujourd&amp;#039;hui par un travail conscient et méthodique... La situation actuelle de la littérature bourgeoise est telle qu&amp;#039;elle ne peut désormais plus créer de grandes oeuvres... Les célébrités de cette littérature qui a vendu sa plume au capital sont aujourd&amp;#039;hui les voleurs, les mouchards, les prostitués, les brigands&amp;quot;. En 1933, l&amp;#039;Etat-parti avait interdit l&amp;#039;importation des films d&amp;#039;Hollywood. &lt;br /&gt;
&amp;lt;/div&amp;gt;&lt;br /&gt;
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		<author><name>Copeau</name></author>
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