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	<title>John Locke:Second traité du gouvernement civil - Historique des versions</title>
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	<updated>2026-04-10T19:52:03Z</updated>
	<subtitle>Historique des versions pour cette page sur le wiki</subtitle>
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		<id>https://www.catallaxia.org/index.php?title=John_Locke:Second_trait%C3%A9_du_gouvernement_civil&amp;diff=970&amp;oldid=prev</id>
		<title>Copeau le 11 mai 2007 à 09:20</title>
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		<updated>2007-05-11T09:20:07Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;b&gt;Nouvelle page&lt;/b&gt;&lt;/p&gt;&lt;div&gt;{{Infobox Auteur|nom=John Locke&lt;br /&gt;
|image=[[Image:Locke.gif]]&lt;br /&gt;
|dates = 1632-1704&lt;br /&gt;
|tendance = [[:wl:Libéraux classiques|Libéral classique]]&lt;br /&gt;
|citations = « Le peuple ne peut déléguer au gouvernement le droit de faire quoi que ce soit que les individus n&amp;#039;auraient pas le droit de faire eux-mêmes. »&lt;br /&gt;
|liens = [[:wl:John Locke|Wikibéral]]&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
{{titre2|Le &amp;#039;&amp;#039;Second traité du gouvernement civil&amp;#039;&amp;#039; de John Locke|Analyse de Pierre Manent|}}&lt;br /&gt;
Hobbes s&amp;#039;est trouvé confronté à une difficulté centrale : peut-on définir et construire un pouvoir humain de manière à le rendre, de droit et de fait, invulnérable à toute objection, à toute critique ? Or ce qui fonde le point de départ de son raisonnement reste le fondement de son point d&amp;#039;arrivée : la peur de la mort. Ultimement les sujets se conduisent pacifiquement parce qu&amp;#039;ils craignent le souverain. Pourquoi les nécessités de la conservation de l&amp;#039;individu imposent-elles qu&amp;#039;on lui reconnaisse un droit sur toutes choses ? Parce qu&amp;#039;il est sans cesse menacé, réellement ou potentiellement, par tous les autres individus, parce que la relation qui le lie à tous les autres individus est l&amp;#039;hostilité. C&amp;#039;est parce que l&amp;#039;hostilité est universelle que la conservation de soi est le seul principe de toutes les actions de chacun.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mais les individus de l&amp;#039;état de nature ne sont pas vraiment des individus titulaires de droits à eux intrinsèquement attachés, et le pouvoir ainsi construit n&amp;#039;est pas vraiment protecteur de leurs droits puisqu&amp;#039;il ne peut les protéger que parce qu&amp;#039;il peut les menacer. Le libéralisme interprétera l&amp;#039;individu de l&amp;#039;état de nature de manière à pouvoir lui attacher des droits intrinsèques, et on concevra le pouvoir de façon à ce qu&amp;#039;il puisse seulement protéger les droits individuels, non les attaquer. Telle sera la démarche de Locke.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Alors que pour Hobbes la mort est menaçante sous les espèces de l&amp;#039;autre homme hostile, pour Locke , la mort est menaçante sous les espèces de la faim. Car Hobbes est remarquablement discret sur la place et le rôle de la faim dans l&amp;#039;état de nature, même s&amp;#039;il note comme allant de soi que les hommes y sont &amp;quot;pauvres&amp;quot;. A partir du moment où la crainte engendre la crainte, où la guerre se nourrit d&amp;#039;elle-même, la question des &amp;quot;origines&amp;quot; de la guerre semble secondaire. Elle a pourtant selon Hobbes deux origines : la rivalité pour la possession des biens d&amp;#039;une part, mais surtout la rivalité pure, fondée sur le désir de pouvoir. Cette seconde cause est primordiale. Là réside l&amp;#039;ambiguïté morale de la vision hobbienne : des hommes définis explicitement comme des &amp;quot;aristocrates&amp;quot; (en lutte pour le pouvoir, l&amp;#039;honneur et le prestige), qui se conduisent au moment décisif comme des &amp;quot;bourgeois&amp;quot; (ils veulent assurer d&amp;#039;abord leur sécurité).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A cette contradiction Locke apporte une simplification, une &amp;quot;réduction&amp;quot;. L&amp;#039;homme dont il parle est plus simple, plus pauvre que l&amp;#039;homme hobbien. Mais en simplifiant Hobbes, il le rend plus cohérent : celui qui est mû par la faim est mû simplement par le désir de fuir le mal. Et ce même si, bien évidemment, l&amp;#039;intention de Locke n&amp;#039;était pas d&amp;#039;abord de rendre Hobbes cohérent, mais d&amp;#039;attacher directement les droits à l&amp;#039;individu solitaire de l&amp;#039;état de nature.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Si chacun avait dû attendre le consentement des autres pour s&amp;#039;approprier les fruits de la terre, l&amp;#039;humanité aurait disparu depuis longtemps. Mais à partir de quand l&amp;#039;homme est-il légitimement propriétaire ? Réponse : quand il a détaché les prunes du domaine commun pour les employer à satisfaire ses besoins, autrement dit, quand il les a cueillies. La propriété entre dans le monde du travail, et chaque individu a en lui-même la grande source de la propriété car il est travailleur et propriétaire de lui-même, donc de son travail.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
De cette simple analyse, Locke établit deux propositions considérables :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
1. Le droit de propriété est essentiellement antérieur à l&amp;#039;institution de la société, il ne dépend pas du consentement d&amp;#039;autrui ou de la loi politique. La propriété est naturelle, nullement conventionnelle.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
2. Le rapport de l&amp;#039;homme à la nature se définit comme travail. L&amp;#039;homme n&amp;#039;est pas naturellement un animal politique ; c&amp;#039;est un animal propriétaire et travailleur, propriétaire parce qu&amp;#039;il est travailleur, travailleur pour être propriétaire.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour autant le droit de propriété est limité par deux obligations. D&amp;#039;une part, je n&amp;#039;ai pas le droit de m&amp;#039;approprier plus que je puis consommer ; ce serait gaspiller. D&amp;#039;autre part, je dois en laisser aux autres, de telle sorte qu&amp;#039;ils puissent s&amp;#039;approprier à leur tour les fruits de la terre en aussi grande quantité et d&amp;#039;aussi bonne qualité.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
:::« La société est le produit de nos besoins reglés par la raison ; l&amp;#039;Etat est le produit de nos vices. »&lt;br /&gt;
:::Thomas Paine&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Toute la démarche de Locke consiste à abolir les deux limites qu&amp;#039;il a d&amp;#039;abord posées.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Quant au premier point, on ne peut pas ici parler proprement d&amp;#039;une obligation, d&amp;#039;une limite morale ou politique. Ce qui ne serait pas &amp;quot;approprié&amp;quot; par la cueillette, en plus ne serait pas approprié, mais bien plutôt gaspillé et donc perdu. Maintenant, supposons que je trouve un moyen d&amp;#039;éviter ce gaspillage, en convenant avec mes semblables d&amp;#039;un équivalent incorruptible des biens naturels corruptibles, par exemple l&amp;#039;or ou l&amp;#039;argent, alors l&amp;#039;accumulation pourra être sans limites puisqu&amp;#039;elle n&amp;#039;impliquera plus de gaspillage.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Quant au second point, la difficulté est ici plus grande. En réalité, en m&amp;#039;appropriant une portion de terre par mon travail, loin d&amp;#039;enlever au bien commun de l&amp;#039;humanité, je lui ajoute : je lui ajoute tous les fruits de la terre qui doivent leur existence à mon travail. C&amp;#039;est le travail humain, et non pas la nature, qui donne la valeur aux choses. La nature, en son état naturel, si l&amp;#039;on peut dire, ce n&amp;#039;est pas l&amp;#039;abondance, mais au contraire la pénurie.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
De cela, il s&amp;#039;ensuit une conséquence paradoxale : le droit de propriété se détache naturellement du travail qui est à son origine.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A partir du moment où la monnaie permet de représenter et conserver des quantités de travail, le propriétaire légitime n&amp;#039;est plus nécessairement le travailleur : il suffit que l&amp;#039;échange soit libre pour que la propriété conserve sa valeur, et donc continue de représenter la quantité de travail qu&amp;#039;elle incorpore. Dès lors que la propriété, qui est entrée dans le monde du travail, est devenue valeur représentée par de la monnaie, le droit du propriétaire s&amp;#039;est légitimement détaché du droit du travailleur.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C&amp;#039;est que la monnaie est une sorte de contrat. La &amp;quot;société&amp;quot;, ou du moins des éléments essentiels de la société naissent avant l&amp;#039;institution politique. Car l&amp;#039;état de nature lockéen est à la fois plus &amp;quot;individualiste&amp;quot; et plus &amp;quot;social&amp;quot; que celui de Hobbes : les droits, sous l&amp;#039;espèce du droit fondamental de propriété, sont attachés à l&amp;#039;individu solitaire, et cet individu noue avec les autres des relations positives.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le propre du travail n&amp;#039;est pas de produire le droit de proproété, c&amp;#039;est de produire de la valeur. Le propre de la propriété est de conserver cette valeur, de l&amp;#039;empêcher de périr ou d&amp;#039;être gaspillée. Cette valeur est mieux conservée quand sa conservation est un prolongement du désir de conservation de l&amp;#039;individu. Ainsi Locke commence par une justification strictement individualiste et morale du droit de propriété et termine par une justification &amp;quot;collective&amp;quot; et &amp;quot;utilitariste&amp;quot; : la justification terminale du droit de propriété est dans son utilité économique.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il est absurde de s&amp;#039;interroger sur la justice du droit de propriété, puisque l&amp;#039;idée même de justice présuppose la propriété. La seule discussion concevable sur la justice ne fait qu&amp;#039;un avec le débat qui fixe le taux d&amp;#039;échange des propriétés sur le marché, débat dont l&amp;#039;issue est toujours &amp;quot;juste&amp;quot; puisque fondée sur le consentement des deux parties. Hayek poursuit cette inspiration originelle du libéralisme en considérant comme dépourvue de sens la notion de &amp;quot;justice sociale&amp;quot;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Jusque là l&amp;#039;homme avait été pour chacun l&amp;#039;ojet premier de son action. Désormais ce sera la nature.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&amp;#039;économie, étroitement liée à la science, tend à devenir le lieu par excellence de l&amp;#039;activité humaine parce que l&amp;#039;activité économique est en sa finalité une action dirigée vers la nature et non vers d&amp;#039;autres hommes. Le développement de la souveraineté absolue dans le cadre de l&amp;#039;Etat et celui de la science et de l&amp;#039;économie dans le cadre de la société civile ont même ressort.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Une difficulté se présente alors : si l&amp;#039;état de nature n&amp;#039;est pas état de guerre, si les hommes peuvent y devenir propriétaires, y développer la production et les échanges, pourquoi en sortiraient-ils ? Locke répond que si l&amp;#039;état de nature n&amp;#039;est pas essentiellement état de guerre, il tend à le devenir. Chacun est juge en sa propre cause. Par conséquent, les droits de chacun sont en perpétuel danger. Mais la solution qu&amp;#039;il propose est dirigée directement contre celle de Hobbes. Transmettre tous ses droits à un souverain absolu, ce n&amp;#039;est pas sortir de l&amp;#039;état de guerre, c&amp;#039;est l&amp;#039;aggraver. Sous couleur de se fabriquer un protecteur, on arme un ennemi. Le motif de l&amp;#039;institution politique est la préservation de la propriété mise en danger par les désordres inévitables de l&amp;#039;état de nature. Pour sortir de cet état, il faut instituer un &amp;quot;pouvoir suprême&amp;quot; qui ait le droit d&amp;#039;exiger l&amp;#039;obéissance ; simultanément, pour que ce pouvoir ne puisse pas dépouiller à volonté les sociétaires de leur propriété ou de leur liberté, il faut qu&amp;#039;il soit lui-même soumis aux lois qu&amp;#039;il édicte. Seul un corps législatif représentatif et souverain remplit cette double condition. Quant à l&amp;#039;exécutif, il se verra accorder une prérogative, une lattitude suffisante pour faire face aux impondérables, et pour adapter les lois elles-mêmes à ce qu&amp;#039;exige le bien public.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ainsi dans tout corps politique remplissant sa mission, c&amp;#039;est-à-dire la protection de la propriété, il y a un pouvoir souverain, le pouvoir législatif. Le pouvoir exécutif en est dérivé et lui est essentiellement subordonné.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A la différence du législatif, la notion d&amp;#039;exécutif est radicalement nouvelle dans l&amp;#039;histoire de la pensée politique. Aristote distingue le corps qui délibère, les magistratures, et le pouvoir judiciaire : soit quelque chose qui ressemble à l&amp;#039;exécutif et quelque chose qui ressemble au judiciaire. Mais cette ébauche d&amp;#039;exécutif est une &amp;quot;pluralité&amp;quot;; or l&amp;#039;exécutif moderne est essentiellement un pouvoir un : nous sommes gouvernés par un gouvernement, tandis que les Grecs ou les Romains étaient gouvernés par des magistrats. Le mystère de l&amp;#039;exécutif moderne, c&amp;#039;est le mystère de son unité.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Quelle est l&amp;#039;origine des deux pouvoirs dans l&amp;#039;état de nature ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le législatif est le pouvoir qu&amp;#039;a chacun de faire ce qu&amp;#039;il juge bon pour sa conservation et celle des autres, pouvoir qu&amp;#039;à son entrée dans la &amp;quot;société civile&amp;quot; il va abandonner partiellement afin qu&amp;#039;il soit réglé par des lois.&lt;br /&gt;
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}}&lt;br /&gt;
L&amp;#039;exécutif est le pouvoir qu&amp;#039;a chacun, dans l&amp;#039;état de nature, de punir les infractions à la loi de nature. Lors de l&amp;#039;entrée dans la &amp;quot;société civile&amp;quot;, ce pouvoir est abandonné tout entier à la société : la force naturelle que l&amp;#039;individu employait ne sera plus employée que selon les directives de la société tout entière, c&amp;#039;est-à-dire selon les directives du pouvoir législatif.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ainsi, tandis que le législatif civil prolonge en le modifiant le législatif naturel, c&amp;#039;est-à-dire le représente, l&amp;#039;exécutif naturel, qui n&amp;#039;est pas représentable, ne peut être qu&amp;#039;abandonné -- en principe -- ou retenu tel quel -- dans certains cas. Puisque la loi exprime ou représente le désir de conservation de l&amp;#039;homme naturel, l&amp;#039;exécutif civil, en se révélant irréductible à la loi ou en révélant l&amp;#039;insuffisance de la loi, manifeste la rupture entre l&amp;#039;état de nature et l&amp;#039;état civil, il incarne, plus que le législatif, le propre de la condition politique de l&amp;#039;homme.&lt;br /&gt;
Mais le pouvoir exécutif, incarnant la différence entre l&amp;#039;Etat et la société civile, ou entre la condition politique de l&amp;#039;homme et sa condition &amp;quot;naturelle&amp;quot;, va trouver dans son infériorité &amp;quot;de droit&amp;quot; un principe d&amp;#039;existence et d&amp;#039;action d&amp;#039;une grande puissance. C&amp;#039;est parce qu&amp;#039;il ne représente pas les individus dans leur condition &amp;quot;naturelle&amp;quot;, celle de la société civile (au sens contemporain du terme) qu&amp;#039;il pourra prétendre les &amp;quot;représenter&amp;quot; dans leur condition politique. L&amp;#039;exécutif pourra dire par exemple que, tandis que le corps législatif &amp;quot;représente&amp;quot; les &amp;quot;intérêts&amp;quot; de la &amp;quot;société&amp;quot;, il &amp;quot;représente&amp;quot;, lui, la &amp;quot;grandeur&amp;quot; de la &amp;quot;nation&amp;quot;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Notes==&lt;br /&gt;
Cf. Pierre Manent, &amp;#039;&amp;#039;Histoire intellectuelle du libéralisme&amp;#039;&amp;#039;, Hachette, Pluriel, 1987. &lt;br /&gt;
[[wl:John Locke]]&lt;br /&gt;
{{John Locke}}&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Copeau</name></author>
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